Photo of Katia Merten-Lentz

The EFSA recently gave its updated conclusions on the titanium dioxide (E171) food additive. The results were a reassessment of the EFSA’s safety conclusions which were published on June 28, 2016 (which were themselves a reassessment of the EFSA’s original 2009 assessment). The most recent appraisal took into consideration new data that have been discovered or made available since 2016.

The EFSA’s most recent conclusions came as something of a surprise: the Agency has some doubts as to the safety of E171 based on  several uncertainties and the fact that genotoxicity could not be completely ruled out.

A meeting between representatives of the European Commission and representatives  from the 27 EU member states was held on May 18, 2021. Participants discussed the consequences of the EFSA’s opinion and suggested withdrawing E171 from the list of additives authorized within the EU.

A ban is expected to be adopted in September and come into force towards the end of the year. Transitional periods will likely apply, but a total ban is likely to be enforced from the end of 2022.

In a recent article written for french magazine Les Marchés, Katia further analyses the EFSA decision (french read only)

 

 

Dioxyde de titane : quand la France donne le « la » européen

Cet article a été publié dans la revue Les Marchés, 28 Mai 2021

 

Le 6 mai 2021, l’Agence européenne de la santé alimentaire a rendu son avis scientifique sur le dioxyde de titane, relançant le débat pour une extension de l’interdiction de cet additif à l’ensemble de l’Union européenne.

Pour rappel, depuis 2008, la réglementation applicable aux additifs alimentaires est complètement harmonisée à l’échelon européen. Ainsi, seuls les additifs ayant fait l’objet d’une autorisation préalable à leur mise sur le marché européen peuvent être utilisés dans la production de denrées alimentaires sur tout le territoire de l’Union européenne.

Le dioxyde de titane est autorisé comme colorant dans les denrées alimentaires, sous réserve que son utilisation respecte les spécifications et les conditions d’emploi prévues par la réglementation. C’est un pigment couramment utilisé pour conférer une couleur blanche aux denrées alimentaires, mais on le retrouve également dans d’autres produits, comme certains cosmétiques, les dentifrices ou la plupart des comprimés médicamenteux. Or de récentes études ont montré que cette substance contient des nanoparticules – d’une taille inférieure à 100 nanomètres – facilitant leur pénétration dans l’organisme, ce qui avait inquiété les associations de consommateurs, mais aussi les responsables de l’Anses et jusqu’au gouvernement français.

 

Suspension d’autorisation du dioxyde de titane

Le 17 avril 2019, le gouvernement français avait déjà adopté un arrêté de suspension temporaire pris en application d’un article de la loi Egalim, prévoyant l’adoption d’une telle mesure sur la base d’avis scientifiques, notamment l’avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) du 15 avril 2019, qui faisait état de certaines lacunes concernant les propriétés de cet additif alimentaire sur certains aspects de toxicité cellulaire et des signaux sur certains aspects inflammatoires. Cet arrêté, qui a suspendu la mise sur le marché français de tout aliment contenant le E171 pour un an, a été reconduit le 21 décembre 2020 pour un an supplémentaire, dans l’attente de la publication de l’opinion de l’Efsa et d’une décision de la Commission européenne sur la modifi cation ou l’abrogation de son autorisation européenne.

 

L’avis de l’Efsa

Le 12 juillet 2019, l’Agence européenne de la santé alimentaire (Efsa) s’était contentée de réitérer ses recommandations concernant la nécessité de poursuivre les recherches afi n de réduire le niveau d’incertitude. Les études supplémentaires annoncées ont manifestement été laborieuses puisqu’il aura fallu deux ans à l’Efsa pour réévaluer ses conclusions du 28 juin 2016 et estimer, le 6 mai 2021, et ce, contre toute attente, que le E171 ne pouvait plus être considéré comme suffisamment sûr pour son usage en tant qu’additif alimentaire. Il faut rappeler que depuis les années 1960, cet additif alimentaire a été considéré comme l’un des plus inoffensifs.

Il convient toutefois de préciser que les conclusions de l’Efsa ne permettent pas de justifier une interdiction immédiate, puisque cette opinion se contente d’émettre des doutes sur des aspects toxicologiques limités quant à son innocuité. Il s’agit donc pour la Commission européenne de trouver un moyen d’aboutir à une élimination progressive de l’usage de cette substance en tant que colorant blanc alimentaire.

Une réunion entre les représentants de la Commission européenne et des experts gouvernementaux des 27 États membres de l’UE s’est tenue le 18 mai dernier pour prendre en compte l’opinion de l’Efsa et, le cas échéant, suggérer de retirer le E171 de la liste des additifs autorisés dans l’ensemble des pays de l’UE. Le texte d’interdiction européenne devrait être adopté en septembre et entrer en application vers la fi n de l’année, avec certaines périodes de transition, pour une interdiction totale vers la fi n 2022 (ce qui rendra les textes de l’article de la loi Egalim ainsi que son arrêté d’interdiction temporaire inutiles).

Fort heureusement, de nombreuses grandes marques de produits alimentaires courants (comme les fabricants de chewinggums), s’étaient préventivement engagées, dès 2019, à supprimer complètement l’usage du dioxyde de titane de leurs produits.